Méditation avec Le Traité du Saint-Esprit de Mgr J.Joseph Gaume : 14 octobre 2026
CHAPITRE XXXV.
(SUITE DU PRÉCÉDENT).
« Le roi a fait un appel à la générosité de son peuple. Il fallait beaucoup de bois pour la charpente, la menuiserie, et ces îles né produisent guère que l’arbre à pain, végétal précieux d’où la population tire sa subsistance. Néanmoins, il n’y eut personne qui ne se montrât disposé à donner plus qu’on ne voulait recevoir.
« Si nous disions à celui-ci : Ta terre est trop petite ; à celui-là : Ton arbre est trop beau, nous ne le prendrons pas. Qu’importe, répondaient-ils, coupez toujours, c’est pour le bon Dieu. N’est-ce pas Lui qui nous les a donnés ?
N’est-ce pas Lui qui nous en donnera d’autres ? Nous avons dû veiller à ce que la générosité de ces bons et chers chrétiens ne leur portât pas préjudice. Vous ne sauriez vous faire une idée de l’ardeur avec laquelle ils poursuivent leur entreprise. Le roi et les chefs nourrissent à leurs dépens tous nos travailleurs.
Les pêcheurs se sont chargés de fournir également tous les jours du poisson aux ouvriers, aussi longtemps qu’ils seront occupés à ce qu’ils appellent le travail du Seigneur» (Annales de la Propag., etc., n. 82, p. 216, an. 1842).
« Celui qui est de Dieu écoute la parole de Dieu, disait le Sauveur du monde ; la raison pour laquelle vous ne l’écoutez pas, c’est que vous n’êtes pas de Dieu» (Jean., VIII, 47). Aimer la parole de Dieu, écrite ou parlée, est donc un nouvel effet du don de piété.
Pour nous encourager et nous confondre, admirons-le dans les nouveaux chrétiens. « Ce qui entretient dans les habitants de Wallis, continuent les Annales, le sentiment et l’amour du devoir, c’est qu’ils sont très avides de la parole de Dieu. Outre les instructions des missionnaires, il y a dans chaque village et dans chaque petit hameau des catéchismes d’hommes, de femmes et d’enfants.
Les plus instruits enseignent les autres ; chacun se confesse et communie environ tous les mois. Partout on récite le soir le chapelet en commun, suivi d’un cantique à la sainte Vierge» (Annales de la Propaq., etc., n. 104, p. 14, an. 1846).
Même ardeur sous les glaces de l’Amérique septentrionale. « Nos sauvages ne pouvaient être plus avides de la parole sainte. Les catéchumènes surtout se distinguaient par leur zèle à s’instruire, afin d’avancer l’heureux moment où, par le baptême, ils seraient enfin admis au nombre des fidèles. Nous les tenions à l’église plus de six heures par jour. La plus grande partie de ce temps était destinée au catéchisme et à des instructions familières, où tout le monde assistait.
Bien loin d’être fatigués de ces exercices, ils n’étaient pas plutôt sortis de la chapelle, que, se réunissant en divers groupes, ils tâchaient de se rendre compte entre eux des choses que nous leur avions dites, et cela durant des heures entières, quelquefois même bien avant dans la nuit. Dans leurs doutes, ils venaient consulter les missionnaires. Alors, que nous fussions couchés ou non, endormis ou éveillés, il fallait leur donner audience et répondre à toutes leurs questions» (Id. n. 100, p. 269).